Vif débat chez les psys sur l’homoparentalité

Mardi 11 DECEMBRE, 20h30 au cinéma Le cine-débat l'homoparentalité bStar

Un enfant peut-il avoir deux pères ou deux mères et se développer normalement ? Alors que le gouvernement s’apprête à ouvrir le mariage et l’adoption aux homosexuels, les pédopsychiatres et les psychanalystes sont divisés. Premier argument des opposants : l’enfant a besoin de s’identifier à du masculin et à du féminin. Il lui faut de la différence sexuelle, de l’« asymétrie », explique Maurice Berger, chef de service en psychiatrie de l’enfant au CHU de Saint-Etienne. « Le désir qui a présidé à sa conception, les échanges qu’il a dès les premiers jours de sa vie ne sont pas les mêmes dans le cas d’un père et d’une mère, poursuit-il.

Lire aussi les témoignages : Homoparentalité : ce qu’en disent les enfants et  » des études scientifiques positives mais aux multiples biais »

Deuxième objection, le besoin de se représenter une origine crédible. « L’enfant se demande d’où il vient et a besoin d’établir un scénario qui colle, explique Christian Flavigny, directeur du département de psychanalyse de l’enfant à la Pitié-Salpêtrière à ParisIl sait bien que deux personnes de même sexe ne peuvent pas procréer. Une loi qui viendrait légaliser une filiation impossible serait une falsification. » « Quand vous ne pouvez pas penser vos origines, que vous vous dites que vous venez de quelque chose d’impossible, vous n’avez pas d’identité narcissique cohérente, renchérit Pierre Lévy-Soussan, pédopsychiatre. Cela peutdevenir extrêmement problématique. »

« Evidemment, les homosexuels ne disent pas à leurs enfants qu’ils les ont engendrés, rétorque la psychanalyste Geneviève Delaisi de ParsevalCes enfants naissent comme tout le monde d’un gamète mâle et d’un gamète femelle. Ils savent bien qu’il y a une troisième personne dans l’histoire, un donneur connu ou inconnu. » Les associations de parents homosexuels demandent d’ailleurs le remplacement de la mention « né de », sur le livret de famille, par la mention « fils de ».

Pour Serge Hefez, pédopsychiatre à la Pitié-Salpêtrière, les opposants« confondent la famille, qui est une donnée sociale, avec l’engendrement, qui est une donnée biologique »« Toutes les sociétés fabriquent des formes de famille qui s’éloignent du biologique, poursuit-il. Deux personnes qui n’ont pas engendré un enfant peuvent être ses parents, qui l’aiment et l’élèvent. Cela ne pose pas de problème si les choses sont claires pour l’enfant. »

« LES HOMOSEXUELS SONT DES PARENTS AUSSI COMPÉTENTS QUE LES AUTRES »

« Vive cette loi !, lance le pédopsychiatre Marcel RufoOn voit déjà plein d’enfants dans ces situations. Les homosexuels sont des parents aussi compétents que les autres. Les enfants acceptent toujours leur homosexualité s’il y a de la pudeur de leur part. »

Stéphane Clerget, pédopsychiatre à Paris, ne voit également « rien de préoccupant » dans le projet. « Ce qui est important pour l’enfant, c’est de savoirbiologiquement d’où il vient et qui a des droits sur lui, estime-t-il. L’interdit de l’inceste doit être mis en place de la même façon que pour les couples hétérosexuels. Une fois qu’il sait tout cela, il peut évoluer harmonieusement dans différents contextes. » L’identification au masculin et au féminin peut se faire avec d’autres personnes que les parents, estiment ces spécialistes.

Un aspect de la future loi est particulièrement débattu : l’accès à la procréation médicalement assistée (PMA) pour les couples de lesbiennes. Une autorisation de la PMA ne risquerait-elle pas de multiplier le nombre d’enfants privés de la connaissance d’une partie de leur origine biologique, le don de gamètes étant anonyme en France ? Les opposants au projet de loi répondent logiquement qu’il ne faut pas l’autoriser. Les partisans qu’il faut mettre fin à l’anonymat du don.

Gaëlle Dupont

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Séance de rattrapage « La Era del Buen Vivir » jeudi 29 novembre à 20 h 30 salle Ernest Lenoël

Compte-tenu du succès de la soirée qui s’est déroulée le 20/11 et de l’impossibilité
d’accueillir tous les gens intéressés, nous renouvelons notre invitation dans la salle
Lenoël (les petites halles sur la place du marché).
Dans le cadre du Festival ALIMENTERRE organisé par l’association HORIZONS SOLIDAIRES,Continents solidaires et Ciné-Parlant proposent un ciné-débat à 20h30.

– 20h30 Film documentaire : La Era del buen vivir qui met en avant les savoirs et
savoirs-faire mayas et montre une vision positive des alternatives possibles au système
agricole conventionnel.
– 21h30 Débat mené par Maurice Laisney (Peuples Solidaires).

Ciné-débat le quotidien de trois accidentés du cerveau

Ciné-parlant et le CCAS de la ville d’Avranches présentent un film réalisé par Emmanuel Finkiel « JE SUIS »  

Un documentaire sur le quotidien de trois accidentés du cerveau

Débat animé par Dr Busson, neurologue à l’hopital d’Avranches-Granville.                           Les projections 

JEUDI 15 NOVEMBRE à 20H30, salle Notre Dame (lycée la providence) 

LUNDI19 NOVEMBRE à 14H30, salle Ernest Lenoël Prix:2.50€/pers

Synopsis 

En s’attachant particulièrement à trois personnes, Christophe, Patrick et Chantal, la caméra d’Emmanuel Finkiel, qui fut lui-même victime d’un accident vasculaire cérébral il y a quelques années, va tenter de saisir, avec une grande précision et toujours la bonne distance, ces moments qui, au cours d’un apprentissage, témoignent d’une évolution vers le mieux, vers une norme supposée du comportement. Je suis est un film souvent bouleversant mais c’est aussi, et peut-être d’abord, un film à suspense. Comment ces consciences altérées peuvent-elle se reconstruire ? Comment ces souvenirs perdus, ces mots oubliés, ces sensations absentes, peuvent-ils revenir ? Christophe, Patrick et Chantal sont chacun engagés dans un apprentissage particulier. L’extérieur du monde resurgit parfois sous la forme des visites des membres de la famille, des parents, des enfants, des conjoints, présences aimantes, inébranlables et inébranlées, et en même temps vestiges d’un univers d’avant « l’accident », inchangé.  Projet.

Point presse

Histoire et Mémoire des Fusillés pour l’exemple à travers l’Affaire des Caporaux de Souain

  Lundi 12 Novembre, 20H30

Cinéma Le Star, Avranches                            

Réalisé par Gabriel Le Bomin en 2006 (1h 30min)

Synopsis :

Cinq prénoms inlassablement répétés. Cinq gestes obsessionnels. Cinq moments de guerre. Antonin est revenu des combats sans blessure apparente. La sienne est intime, intérieure, enfouie. Nous sommes en 1919 et le professeur Labrousse, pionnier dans le traitement des chocs traumatiques de guerre se passionne pour son cas. Sa méthode, nouvelle et controversé, doit lui faire revivre les moments les plus intenses de la guerre afin de l’en libérer

Bande annonce, clicquez au milieu

Conférence-débat

avec Eric VIOT, historien et romancier
et Sylvain Lambert, journaliste.

Des soldats fusillés pour l’exemple ou l’affaire des caporaux de Souain.

Un soldat fusillé pour l’exemple désigne un militaire exécuté après décision d’une juridiction militaire intervenant non seulement dans un cadre légal pour un délit précis mais aussi dans un souci d’exemplarité visant à maintenir les troupes en parfait état d’obéissance.Il est très difficile d’apprécier le nombre exact de cas.

L’affaire des caporaux de Souain(Théophile Maupas, Louis Lefoulon, Louis Girard et Lucien Lechat), fusillés pour l’exemple, est un des cas parmi les plus flagrants et les plus médiatisés de l’injustice militaire durant la Première Guerre mondiale. En mars 1915, la guerre s’enlise dans les tranchées. 300 000 poilus ont déjà péri. Sur le front de la Marne, à Souain, le 336ème régiment d’infanterie de St Lô vient d’être affecté. Le 7 mars, la 24ème compagnie reçoit l’ordre de reprendre les positions ennemies et essuie de lourdes pertes avant de se replier. Le 10 mars, la 21ème compagnie reçoit l’ordre de monter à l’assaut mais, assurés que la bataille est vouée à l’échec, les soldats ne quitteront pas les tranchées. Le général Réveilhac ordonne à son capitaine de lui transmettre une liste de 6 caporaux et de 18 hommes de troupe. Quatre caporaux sont exécutés pour « refus d’obéissance devant l’ennemi », le 17 mars 1915. Parmi les quatre, Théophile Maupas, instituteur au Chéfrêne dont la femme est  convaincue par la totale injustice de ce verdict. Elle décide de mener un combat personnel, juridique voire politique (avec le soutien de la Ligue des Droits de l’Homme) pour réhabiliter les fusillés de Souain. Après dix-neuf années de lutte acharnée, la Cour spéciale de justice lui accorde enfin un avis favorable. Chaque année, un rassemblement a lieu au cimetière de Sartilly devant le monument des quatre caporaux.

Références :

Publications

Les blessures de l’âme d’Eric Viot

Le Fusillé, réédition aux éditions Isoète, avec des illustrations de Tardi, du livre de Blanche Maupas paru  en 1933.

Fusillés pour l’exemple, les caporaux de Souain, le 17 mars 1915, de Jacqueline Laisné, publié chez Alan Sutton.

A l’Ouest rien de nouveau, de Erich Maria Remarque.

Le Boucher des Hurlus, de Jean Amila.

Un long dimanche de fiançailles, de Sébastien Japrisot.

1915, fusillés pour l’exemple, article de Sylvain Lambert paru dans le n°33 (printemps 2012) de la revue Au fil de la Normandie

Films

Les Sentiers de la gloire, de Stanley Kubrick

Pour l’exemple, de Joseph Losey

Les Hommes contre, de Francesco Rosi.

            La presse